
En septembre 1977, alors étudiant en deuxième année à l'Université de la Colombie-Britannique, Gurmail Gill se rappelle avoir eu la chance de sa vie. En effet, en traversant l'édifice du Student Union, il est tombé par hasard sur le kiosque de Canada Shotokan et a décidé de commencer à s'entraîner. Lors du premier entraînement, le gymnase était plein à craquer. La pratique consistait essentiellement à faire des réchauffements et des kihons. Les entraînements étaient dirigés par Don Gee, Don Jurchuk et Norman Welch. Gurmail croyait que ses seniors étaient en quelque sorte des figures mystiques, des êtres tout-puissants. A chaque pratique, Gurmail était persuadé qu'il n'arriverait jamais jusqu'à la fin, mais il revenait à l'entraînement suivant.
Gurmail ne savait pas à quoi s'attendre pour son premier stage spécial. Il se souvient que lors de la pratique de kokutsu-dachi, Don Jurchuk s'est placé à un mètre en face de lui et n'a pas cessé de grogné. Pendant la pratique de tekki shodan, Gurmail s'est promis de ne jamais revenir s'il s'en sortait vivant. Seulement après avoir terminé son premier stage spécial, Gurmail s'est rendu compte du profond impact de ce qu'il venait de vivre : « Cette expérience, affirme-t-il, lui a ouvert les yeux sur ses propres capacités en tant qu'être humain et sur la capacité des êtres humains en général. » Gurmail s'est entraîné à l'Université de la Colombie-Britannique jusqu'en 1983, l'année même où il a commencé à s'entraîner au dojo de North Delta. Ensuite, en 1989, Gurmail a joint le dojo de Burnaby où il a eu une remarquable présence en tant que leader.
« Ceux que je voyais au début comme mes seniors sont progressivement devenus de véritables seniors : c'est-à-dire une famille. Il n'y pas un moment dont je ne me souvienne où ces personnes n'étaient pas autour de moi. Je pense qu'ils ont influencé ma vie d'une manière très positive à travers ce que j'appellerais une sorte d'osmose. Je ne pourrais pas identifier précisément un moment où l'un d'entre eux m'a dit ceci ou cela, mais à force de passer du temps avec mes seniors, j'ai absorbé leur influence. J'ai réalisé après coup tout ce que je leur devais. Cette réalisation s'est faite de manière progressive et je leur dois beaucoup puisqu'ils ont tous à coeur mon bien-être. La gratitude que je leur dois est difficile à exprimer en mots, mais elle se manifeste à travers la façon dont je traite mes juniors. Je sens cette responsabilité de donner en retour. »
En juin 2000, Gurmail a été promu au rang de yodan à Cate School (Santa Barbara, Californie).
En octobre 2001, Gurmail faisait parti du groupe de Canada Shotokan qui est allé au Japon dans le cadre des célébrations du 70e